Morceau : Mass
Artiste : Virtual Boy
Album : Symphony No None
Année : 2011
Label : Alpha Pup
Un son sorti en début d'année que mon ordi m'a repassé hier, et que j'ai au final écouté toute la nuit tant il fend les parois anales du monde entier. Vraiment du très bon son, toujours offert par la scène californienne, résolument La Mecque en ce qui concerne tout ce qui mélange Hip Hop et Électronique.
Bref, bonne écoute à tous sur This Music Don't Buzz, as usual kids !
Mardi soir dernier, je me suis rendu au Social Club à Paris, rebaptisé Le Petit Social pendant les débuts de semaine, pour voir Teebs et Jeremiah Jae, tous deux signés sur Brainfeeder, tous deux acteurs de la scène Analogue et Abstrakt Hip Hop, et surtout tous deux très talentueux. Une occasion rêvée pour écrire une première revue de concert, afin de vous faire vivre ce spectacle à travers mon récit.
Je débarque vers 22H50 dans le club. Holy Ghost! passait à partir de 21h, mais hélas je ne pouvais pas y aller plus tôt, ayant un peu de travail à faire. Les quelques personnes dans la boîte ne m'ont pas l'air franchement là pour voir ce qui suit, mais plutôt juste parce qu'ils sont habitués à venir picoler par ici. Je ne peux pas vraiment dire que l'ambiance est à mon goût, ni que je suis à mon aise au milieu de cette population dont je ne fais pas partie. Du coup, je préfère me concentrer sur la musique.
La soirée commence pour moi par un DJ set d'un pur inconnu, plutôt agréable dans sa haute teneur en Nu Disco et Nu Funk. Celui-ci gagne d'autant plus mon respect lorsqu'il termine son set sur l'excellent "High Hopes" par Onra. (la version sans Reggie B hélas)
Pendant ce temps là, Jeremiah et Teebs boivent un coup tranquillement, en taillant l'bout d'gras avec quelques clubbers, sans doute ceux qui connaissaient les DJs avant d'arriver devant le videur ce soir là.
La soirée continue, et monte dans le box un certain Lord Boyd, producteur et DJ parisien, officiant dans l'Analogue, le Wonky et l'Ambient. Le set est vraiment très bon, plutôt fluide, et même s'il n'est pas franchement dansant, en ce qui me concerne, je kiffe beaucoup. Pour que vous puissiez vous faire une idée, voici un de ses sons.
Après une quarantaine de minutes, et quelques applaudissements bien mérités pour Lord Boyd, Jeremiah Jae s'approche de la console. Forcément, je me rapproche significativement pour bien voir le Californien, et sentir les beats plus proches de moi. (J'ai bien écris B-E-A-T-S de cette manière, bande de vicelardes...) Il est 00h30 quand celui-ci, caché derrière un masque doré, sa capuche noire, et armé de son contrôleur, débute son set. Et on part direct dans de l'Abstrakt Hip Hop bien trempé. Comme lorsqu'il rappe, Jeremiah mixe de façon nonchalante : pas de casque pour assurer les transitions, celui-ci préfère cut au climax du morceau pour passer instantanément à la suite ; le micro est son meilleur pote, mais pas pour poser son flow sur les sons, juste pour ajouter des commentaires, même quand c'est un simple "This shit is dope !" ; passer une intro en boucle, et couper avant que la chanson ne commence vraiment n'est pas un problème pour lui, comme en témoigne "GNG BNG" par FlyLo, dont on a du entendre 20 secondes à peine... D'ailleurs Jeremiah a parfois quelques mésententes avec son matos... Tous ces facteurs réunis ont fait de son set un mix totalement déstructuré, parfois même dissonant, mais surtout complètement cosmique, même quand celui-ci ose passer des remixes de classiques comme "A Milli" par Lil' Wayne ou "Killing Me Softly" par les Fugees et Lauren Hill. Tout cela sublimé par l'entrain de Jae, totalement aspiré et transcendé par la musique.
Cela dit, après une heure de beats éclatés, les applaudissements sont très timides. À croire que le public de ce soir ne s'attendait pas à ça de la part d'un mec qui passe de l'Abstrakt... Néanmoins, les claps se font entendre à l'arrivée de Teebs, qui était d'ailleurs juste à coté, ne ratant pas une miette du show de son pote. Mais contrairement à celui-ci, la star de la soirée n'est pas bavarde. Après trois mots qu'on peut résumer par "Bonsoir", il commence son set. C'est aérien, envoûtant, et putain, c'est vraiment bon. Le mix est fluide bien que Teebs mixe aussi sans casque, son matos lui permettant des transitions plus faciles. Je crois que le mot que je cherche pour définir ce que j'entends est duveteux, parce que comme une pêche c'est doux à l'extérieur et juteux à l'intérieur... Non j'déconne ! Ca glisse juste parfaitement et les bons sons coulent comme il pleut en Bretagne. La plupart de ceux-ci sont ses propres productions d'ailleurs, mais cela ne l'empêche pas de passer un peu de Flying Lotus, ('faut bien faire mousser l'patron !) de Samiyam, de Mono/Poly ou encore de Dimlite. Et c'est sans doûte grâce à ces sons que l'ambiance a un peu gagné en intensité en cette fin de soirée.
Aux environs de 3h, après des salutations rapides, puisque l'Teebs est un timide, j'ai décidé de me casser, et de ne pas attendre la fin du set du dernier duo de DJs, qui ressemble trop à ma playlist d'ailleurs. Je cherche ma veste, lance un coincé "Au Revoir" au videur, et me dirige vers chez moi à pattes dans Paris, comme guidé par l'appel de mon pieu, qui devait avoir hâte de goûter à mes songes débordants de sonorités électroniques...
Morceau : Rhythm
Artiste : Awol One & Daddy Kev
Album : Souldoubt
Année : 2010
Label : Alpha Pup
Infos en plus : Daddy Kev est DJ résident de l'excellent club Californien "The Low End Theory Club". Vous avez pu notamment entendre cette piste sur le reportage d'Antoine De Caunes pour Canal + intitulé "Toqués de Tokyo".
Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous avez parlé du fiston d'un skateur légendaire, qui, à défaut de faire comme papa, a réussi avec autant de talent dans un autre domaine, la musique... Oui, je parle d'Austin Peralta, le même sur qui j'avais écris ici.
Et bien notre jeune ami a récemment été invité à jouer sur scène par un autre mioche de génie, tout aussi brillant que son père, j'ai nommé l'excellent Taylor McFerrin, donc je vous ai aussi parlé il y a peu. (Pour vous rafraîchir la mémoire il vous suffit de descendre de quelques articles...)
Quelle foutue bonne idée ce duo, puisque la représentation qui se déroulait jeudi dernier à Los Angeles a été filmée, montée, et mis en ligne hier, pour notre plus grande joie vu la qualité de l'improvisation de Jazz que nous offrent les deux compères.
Avec Taylor McFerrin en beatboxer (qui n'a rien à envier aux bruits de bouche de son père) et Austin Peralta au clavier, voici un grand moment musical, que je vous laisse découvrir avec attention, en vous souhaitant une bonne journée à tous sur This Music Don't Buzz !
Aujourd'hui le label Alpha Pup a relayé une vidéo venant à la base de Brainfeeder (Ces deux là étant plus ou moins partenaires), mettant en avant un premier morceaux du prochain EP de Jeremiah Jae, qui devrait sortir le 22 Mars et s'intituler "Rappayamatantra".
L'extrait s'appelle "$easons", et reflète bien ce que devrait être le CD, à savoir des productions Hip Hop entre l'Expérimental et le Psychédélique, sur lesquelles le MC viendrait poser son flow nonchalant et aérien.
Il faut savoir au passage que Jeremiah Jae est en concert le 8 Mars au Petit Social à Paris, en compagnie de Teebs. L'entrée est totalement gratuite, et le show devrait être digne d'un voyage dans une bulle d'éther.
Bonne écoute et à plus tard sur This Music Don't Buzz.
Il y a à peu près un mois je vous avais rapidement parlé de Teebs à travers une vidéo illustrant un de ses sons en duo avec Jackhigh, intitulé "Rains", que vous pouvez retrouver ici.
Il est temps de vous expliquer un peu plus pourquoi ce type est un de mes artistes favoris, et aussi quelles sont les raisons qui font de son album "Ardour" l'une des meilleures sorties de 2010.
À l'origine, avant d'être producteur, Teebs était skateborder. Après une sale chute, pendant sa convalescence, celui-ci s'est concentré sur une autre de ses passions : la musique. Du coup, en plus de rentrer en tant que graphiste (notre ami est grapheur très doué) sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus, celui-ci en est aussi devenu l'un des DJs.
Tout cela permet à Teebs de sortir en 2009 deux premier morceaux sur la première compilation du label, CD dont il a d'ailleurs designé la pochette en déclinant le logo officiel de Brainfeeder (à l'origine créé par Ques, graphiste français travaillant lui aussi pour le label) à sa sauce. Parmi ses deux pistes, "WLTA", la première ébauche du fameux style de notre beatmaker.
Puis il sort en 2010 le disque "The Tropics EP", en collaboration avec le producteur anglais Jackhigh, signé sur Svetlana Industries, un label d'Abstrakt Hip Hop serbe. Sur cet album, les styles des deux DJs se mélangent et permettent des titres tout en volupté comme "Rains" ou encore l'excellente "Comes To Mind".
Fin 2010 débarque enfin "Ardour", le bébé de Teebs, un album solo maitrisé de bout en bout. Chaque moceau est un cadeau de profondeur et de finesse, comme en témoigne l'aérien "Bern Rhythm". (Ici la "Codeine Version", à savoir le morceau original ralenti)
Ce qui fait la force de la galette, c'est cette cohérence parfaite à travers un style nouveau dans le genre musical déjà très récent qu'est l'Analogue. À travers ses sons, le beatmaker nous fait traverser les époques, les saisons, le temps... Que ce soit sur le beat décalé de "Humming Bird", sur la voix d'ange de Gaby Hernandez sur "Long Distance" ou encore sur la sublime mélancolie dégagée par "My Whole Life".
À coté de cet album sont sortis tout début 2011 des B-Sides d'Ardour, et un disque qui regroupe les morceaux produits par Teebs en 2009. Deux CDs qui viennent complèter l'oeuvre actuelle de Teebs, que je vous conseille sincèrement d'écouter entièrement.
Je vous laisse avec ce petit bonus issue des Out-Takes de l'album, et vous souhaite une bonne écoute sur This Music Don't Buzz.
Vous vous demandez surement qui est ce type totalement inconnu ? Tout simplement un prodige du Jazz, pianiste de génie, excellent compositeur... Tout ça à seulement 20 ans.
Alors pour vous donner le ton du personnage, il a commencé à jouer du piano à 6 ans, sorti son premier album et fait sa première tournée mondiale à 16 ans, et est accessoirement le fils de Stacy Peralta, oui, le leader des Z-Boys, les types qui ont plus ou moins inventé le Skate, rien que ça.
Le p'tiot étant signé sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus, on pouvait s'attendre à un Jazz se tournant un peu vers l'Électronique, mais ce n'est pas le cas du tout. Ca n'empêche pas l'album d'être une grosse tuerie, et moi de vous conseiller vivement "Endless Planets", le nouveau LP d'Austin Peralta, disponible depuis hier dans le monde entier.
Voici un petit extrait du disque, histoire de vous faire une idée. Bonne écoute sur This Music Don't Buzz !
Nosaj Thing, petit prodige de la scène Electro/Analogue californienne, est le genre de type perfectionniste, à toujours vouloir que ses concerts soient prévus au milimètre prêt. Du coup l'bonhomme est très fan des shows vidéos, et des VJs en général. C'est clair que des putains d'images comme toile de fond de ses sonorités mystiques, c'est une foutue bonne idée.
Du coup, à l'occasion du festival Lunchmeat, à Prague, le beatmaker a décidé de s'adresser à Aalto, VJ français (Cocorico !!!), de lui créer un spectacle unique. Bonne pioche ! Aalto étant lui aussi un maniac de la précision, débordant toujours d'idées brillantes, les deux artistes se sont parfaitement accordés, et ont su créer un moment d'exception.
Voici un court reportage sur l'évènement (surtout sur Aalto), avec quelques prises du concert en lui-même en fin de vidéo. (Allez directement à 4:35 pour le show)