On est de retour après quelques vacances plutôt mouvementées. Et on revient avec des bonnes nouvelles !
D'une part, sachez que le label Brainfeeder a annoncé hier que cette année devrait sortir l'album "Precious Cargo", le nouveau LP de FLYamSAM, le duo comprenant tout simplement Flying Lotus et Samiyam. En clair, il faut s'attendre à une bombe d'Abstrakt Hip Hop d'ici fin 2011...
Ensuite, sachez que FlyLo a mis à jour sa page Soundcloud aujourd'hui, et il y a quelques sons inédits à écouter... Allez donc y faire un tour.
Je vous laisse avec un de ces nouveaux morceaux, ce sublime remix de la fameuse piste "Angel" de Massive Attack. Visez un peu le chef d'oeuvre...
Une rapide news pour signaler d'une part la sortie ce lundi de l'excellent album de Tokimonsta"Creature Dreams EP", que je me suis procuré et que je vous recommande chaudement si vous êtes aussi fan que moi d'Analogue.
La beatmakeuse californienne continue à donner le meilleur sur cette opus un peu plus smooth que le précédent. Encore un disque aussi beau qu'elle. (Faites un tour sur Google Images si vous voulez vous rincer l'œil mais revenez ici vous décrasser les oreilles après...)
D'autre part, Sam Baker aka Samiyam, autre producteur d'Abstrakt Hip Hop fer de lance du label Brainfeeder, devrait sortir son prochain skeud le 27 Juin, et celui-ci devrait s'intituler "Sam Baker's Album". Un nom bien banal pour un CD qui, espérons-le, ne le sera pas du tout !
En attendant je vous laisse avec un titre du nouvel album de Tokimonsta, et en bonus une petite piste de Samiyam, histoire pour ceux qui ne le connaissent pas, de découvrir l'bonhomme.
Mardi soir dernier, je me suis rendu au Social Club à Paris, rebaptisé Le Petit Social pendant les débuts de semaine, pour voir Teebs et Jeremiah Jae, tous deux signés sur Brainfeeder, tous deux acteurs de la scène Analogue et Abstrakt Hip Hop, et surtout tous deux très talentueux. Une occasion rêvée pour écrire une première revue de concert, afin de vous faire vivre ce spectacle à travers mon récit.
Je débarque vers 22H50 dans le club. Holy Ghost! passait à partir de 21h, mais hélas je ne pouvais pas y aller plus tôt, ayant un peu de travail à faire. Les quelques personnes dans la boîte ne m'ont pas l'air franchement là pour voir ce qui suit, mais plutôt juste parce qu'ils sont habitués à venir picoler par ici. Je ne peux pas vraiment dire que l'ambiance est à mon goût, ni que je suis à mon aise au milieu de cette population dont je ne fais pas partie. Du coup, je préfère me concentrer sur la musique.
La soirée commence pour moi par un DJ set d'un pur inconnu, plutôt agréable dans sa haute teneur en Nu Disco et Nu Funk. Celui-ci gagne d'autant plus mon respect lorsqu'il termine son set sur l'excellent "High Hopes" par Onra. (la version sans Reggie B hélas)
Pendant ce temps là, Jeremiah et Teebs boivent un coup tranquillement, en taillant l'bout d'gras avec quelques clubbers, sans doute ceux qui connaissaient les DJs avant d'arriver devant le videur ce soir là.
La soirée continue, et monte dans le box un certain Lord Boyd, producteur et DJ parisien, officiant dans l'Analogue, le Wonky et l'Ambient. Le set est vraiment très bon, plutôt fluide, et même s'il n'est pas franchement dansant, en ce qui me concerne, je kiffe beaucoup. Pour que vous puissiez vous faire une idée, voici un de ses sons.
Après une quarantaine de minutes, et quelques applaudissements bien mérités pour Lord Boyd, Jeremiah Jae s'approche de la console. Forcément, je me rapproche significativement pour bien voir le Californien, et sentir les beats plus proches de moi. (J'ai bien écris B-E-A-T-S de cette manière, bande de vicelardes...) Il est 00h30 quand celui-ci, caché derrière un masque doré, sa capuche noire, et armé de son contrôleur, débute son set. Et on part direct dans de l'Abstrakt Hip Hop bien trempé. Comme lorsqu'il rappe, Jeremiah mixe de façon nonchalante : pas de casque pour assurer les transitions, celui-ci préfère cut au climax du morceau pour passer instantanément à la suite ; le micro est son meilleur pote, mais pas pour poser son flow sur les sons, juste pour ajouter des commentaires, même quand c'est un simple "This shit is dope !" ; passer une intro en boucle, et couper avant que la chanson ne commence vraiment n'est pas un problème pour lui, comme en témoigne "GNG BNG" par FlyLo, dont on a du entendre 20 secondes à peine... D'ailleurs Jeremiah a parfois quelques mésententes avec son matos... Tous ces facteurs réunis ont fait de son set un mix totalement déstructuré, parfois même dissonant, mais surtout complètement cosmique, même quand celui-ci ose passer des remixes de classiques comme "A Milli" par Lil' Wayne ou "Killing Me Softly" par les Fugees et Lauren Hill. Tout cela sublimé par l'entrain de Jae, totalement aspiré et transcendé par la musique.
Cela dit, après une heure de beats éclatés, les applaudissements sont très timides. À croire que le public de ce soir ne s'attendait pas à ça de la part d'un mec qui passe de l'Abstrakt... Néanmoins, les claps se font entendre à l'arrivée de Teebs, qui était d'ailleurs juste à coté, ne ratant pas une miette du show de son pote. Mais contrairement à celui-ci, la star de la soirée n'est pas bavarde. Après trois mots qu'on peut résumer par "Bonsoir", il commence son set. C'est aérien, envoûtant, et putain, c'est vraiment bon. Le mix est fluide bien que Teebs mixe aussi sans casque, son matos lui permettant des transitions plus faciles. Je crois que le mot que je cherche pour définir ce que j'entends est duveteux, parce que comme une pêche c'est doux à l'extérieur et juteux à l'intérieur... Non j'déconne ! Ca glisse juste parfaitement et les bons sons coulent comme il pleut en Bretagne. La plupart de ceux-ci sont ses propres productions d'ailleurs, mais cela ne l'empêche pas de passer un peu de Flying Lotus, ('faut bien faire mousser l'patron !) de Samiyam, de Mono/Poly ou encore de Dimlite. Et c'est sans doûte grâce à ces sons que l'ambiance a un peu gagné en intensité en cette fin de soirée.
Aux environs de 3h, après des salutations rapides, puisque l'Teebs est un timide, j'ai décidé de me casser, et de ne pas attendre la fin du set du dernier duo de DJs, qui ressemble trop à ma playlist d'ailleurs. Je cherche ma veste, lance un coincé "Au Revoir" au videur, et me dirige vers chez moi à pattes dans Paris, comme guidé par l'appel de mon pieu, qui devait avoir hâte de goûter à mes songes débordants de sonorités électroniques...
Souvenez-vous, il y a quelques temps je vous avez parlé du fiston d'un skateur légendaire, qui, à défaut de faire comme papa, a réussi avec autant de talent dans un autre domaine, la musique... Oui, je parle d'Austin Peralta, le même sur qui j'avais écris ici.
Et bien notre jeune ami a récemment été invité à jouer sur scène par un autre mioche de génie, tout aussi brillant que son père, j'ai nommé l'excellent Taylor McFerrin, donc je vous ai aussi parlé il y a peu. (Pour vous rafraîchir la mémoire il vous suffit de descendre de quelques articles...)
Quelle foutue bonne idée ce duo, puisque la représentation qui se déroulait jeudi dernier à Los Angeles a été filmée, montée, et mis en ligne hier, pour notre plus grande joie vu la qualité de l'improvisation de Jazz que nous offrent les deux compères.
Avec Taylor McFerrin en beatboxer (qui n'a rien à envier aux bruits de bouche de son père) et Austin Peralta au clavier, voici un grand moment musical, que je vous laisse découvrir avec attention, en vous souhaitant une bonne journée à tous sur This Music Don't Buzz !
Taylor McFerrin est un producteur New-Yorkais comme les autres... Mis à part le fait qu'il soit extrêmement talentueux, et qu'il soit le fils du célèbre et excellent Bobby McFerrin.
Qui a dit que le génie n'est pas héréditaire ? Parce que pour le coup, il a foutrement tort, à en juger le premier single du prochain album du fiston, qui sortira cette année sur le label Brainfeeder et s'intitulera "Early Riser".
"Place In My Heart" est une piste Pop qui fond une fois dans l'esprit, et cela grâce à la très belle voix de la chanteuse de RYAT, duo originaire de Philadelphie en featuring sur ce titre.
En prime, le clip vidéo du morceau est réussi, d'un coté parce que l'image est très belle, et d'autre part parce que la mélancolie du son est palpable, et que tout est prévu pour illustrer la musique en douceur, sans la mettre au second plan.
Aujourd'hui le label Alpha Pup a relayé une vidéo venant à la base de Brainfeeder (Ces deux là étant plus ou moins partenaires), mettant en avant un premier morceaux du prochain EP de Jeremiah Jae, qui devrait sortir le 22 Mars et s'intituler "Rappayamatantra".
L'extrait s'appelle "$easons", et reflète bien ce que devrait être le CD, à savoir des productions Hip Hop entre l'Expérimental et le Psychédélique, sur lesquelles le MC viendrait poser son flow nonchalant et aérien.
Il faut savoir au passage que Jeremiah Jae est en concert le 8 Mars au Petit Social à Paris, en compagnie de Teebs. L'entrée est totalement gratuite, et le show devrait être digne d'un voyage dans une bulle d'éther.
Bonne écoute et à plus tard sur This Music Don't Buzz.
Il y a à peu près un mois je vous avais rapidement parlé de Teebs à travers une vidéo illustrant un de ses sons en duo avec Jackhigh, intitulé "Rains", que vous pouvez retrouver ici.
Il est temps de vous expliquer un peu plus pourquoi ce type est un de mes artistes favoris, et aussi quelles sont les raisons qui font de son album "Ardour" l'une des meilleures sorties de 2010.
À l'origine, avant d'être producteur, Teebs était skateborder. Après une sale chute, pendant sa convalescence, celui-ci s'est concentré sur une autre de ses passions : la musique. Du coup, en plus de rentrer en tant que graphiste (notre ami est grapheur très doué) sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus, celui-ci en est aussi devenu l'un des DJs.
Tout cela permet à Teebs de sortir en 2009 deux premier morceaux sur la première compilation du label, CD dont il a d'ailleurs designé la pochette en déclinant le logo officiel de Brainfeeder (à l'origine créé par Ques, graphiste français travaillant lui aussi pour le label) à sa sauce. Parmi ses deux pistes, "WLTA", la première ébauche du fameux style de notre beatmaker.
Puis il sort en 2010 le disque "The Tropics EP", en collaboration avec le producteur anglais Jackhigh, signé sur Svetlana Industries, un label d'Abstrakt Hip Hop serbe. Sur cet album, les styles des deux DJs se mélangent et permettent des titres tout en volupté comme "Rains" ou encore l'excellente "Comes To Mind".
Fin 2010 débarque enfin "Ardour", le bébé de Teebs, un album solo maitrisé de bout en bout. Chaque moceau est un cadeau de profondeur et de finesse, comme en témoigne l'aérien "Bern Rhythm". (Ici la "Codeine Version", à savoir le morceau original ralenti)
Ce qui fait la force de la galette, c'est cette cohérence parfaite à travers un style nouveau dans le genre musical déjà très récent qu'est l'Analogue. À travers ses sons, le beatmaker nous fait traverser les époques, les saisons, le temps... Que ce soit sur le beat décalé de "Humming Bird", sur la voix d'ange de Gaby Hernandez sur "Long Distance" ou encore sur la sublime mélancolie dégagée par "My Whole Life".
À coté de cet album sont sortis tout début 2011 des B-Sides d'Ardour, et un disque qui regroupe les morceaux produits par Teebs en 2009. Deux CDs qui viennent complèter l'oeuvre actuelle de Teebs, que je vous conseille sincèrement d'écouter entièrement.
Je vous laisse avec ce petit bonus issue des Out-Takes de l'album, et vous souhaite une bonne écoute sur This Music Don't Buzz.
Contrairement à la mythologie grecque, ici Daedelus est un titan. Le DJ, producteur, compositeur, a déjà signé sur les labels Ninja Tune, Dub Lab, ou encore plus récemment Brainfeeder... Pour des sons toujours plus différents les uns que les autres, avec cependant un point commun présent constamment : la mélancolie.
Le bonhomme est connu et apprécié par beaucoup d'artistes, et par conséquent ses collaborations sont nombreuses, que ce soit avec des MCs comme Busdriver, Pigeon John ou même nos amis français de TTC, des producteurs undergrounds tels que MF Doom ou Prefuse 73, ou même des cantatrices comme Laura Darling, qui se trouve être sa femme.
Dans cette vidéo vous trouverez un peu de son univers, même s'il s'agit d'un DJ set, et surtout vous pourrez découvrir toute sa technique, et sa façon singulière d'utiliser le Monome, un boîtier plein de boutons uniformes qui sert, avec une grande dextérité, à mixer en live avec classe. (Pour plus de précisions sur l'outil, je vous laisse rechercher sur Internet...)
En tout cas bonne écoute et sûrement à demain sur This Music Don't Buzz !
Vous vous demandez surement qui est ce type totalement inconnu ? Tout simplement un prodige du Jazz, pianiste de génie, excellent compositeur... Tout ça à seulement 20 ans.
Alors pour vous donner le ton du personnage, il a commencé à jouer du piano à 6 ans, sorti son premier album et fait sa première tournée mondiale à 16 ans, et est accessoirement le fils de Stacy Peralta, oui, le leader des Z-Boys, les types qui ont plus ou moins inventé le Skate, rien que ça.
Le p'tiot étant signé sur Brainfeeder, le label de Flying Lotus, on pouvait s'attendre à un Jazz se tournant un peu vers l'Électronique, mais ce n'est pas le cas du tout. Ca n'empêche pas l'album d'être une grosse tuerie, et moi de vous conseiller vivement "Endless Planets", le nouveau LP d'Austin Peralta, disponible depuis hier dans le monde entier.
Voici un petit extrait du disque, histoire de vous faire une idée. Bonne écoute sur This Music Don't Buzz !
Voici une petite vidéo vraiment belle qui fait suite au post précédent puisqu'il s'agit du clip officiel de "Zodiac Shit", morceau de Flying Lotus, toujours issue de l'album "Cosmogramma".
Le son est vraiment aérien et profond, et contraste un peu avec le titre que vous avez pu écouter ici. Et oui, FlyLo est vraiment un type éclectique dans sa musique.
Les images sont produites par Adult Swim, chaîne de télé américaine spécialisé dans les séries animées pour adulte, à savoir non pas des dessins de cul (Je vous ai vu venir les vicieux !) mais des cartoons aux thèmes ou aux langages trop crus pour Cartoon Network.
En tout cas je trouve ça foutrement beau, poétique et vraiment plein de sens. Bon visonnage !
Flying Lotus, pilier de l'Analogue, l'un des artistes les plus prometteurs du label Warp, beatmaker de génie, à la tête du label indépendant Brainfeeder, pionnier d'un certain nombre de nouveaux genres musicaux...
Ce nom ne vous dit rien ? Il n'est pas trop tard ! En 2010, notre ami californien (qui se trouve être le petit neveu d'Alice Coltrane) a sorti un album absolument extraordinaire intitulé "Cosmogramma". Ce CD est tellement exceptionnel qu'il a été élu par de nombreux magazines et webzines Électro ou Hip Hop, meilleur album de l'année.
Parce que c'est ça la force du bonhomme, sa faculté à entremêler les genres avec succès, au point de s'élever un peu plus à chaque album vers l'éclectisme absolu... Pour un album d'Analogue bien sûr ! "Cosmogramma" en est définitivement le meilleur exemple, puisqu'il déborde d'influences Jazz et Soul, au milieu d'un son Électronique appuyé par des rythmes saccadés caractéristiques de l'Abstrakt Hip Hop.
À l'occasion, FlyLo a décidé d'offrir il y a quelques jours un second disque aux acheteurs de son chef d'oeuvre, reprenant des morceaux de celui-ci dans des versions alternatives. Un beau cadeau qui risque de ravir tout le monde... Voici "Galaxy in Janaki", dans sa version disponible sur l'original de "Cosmogramma".